Le peintre et son Psy

Le peintre Cserg questionné par un psy : ou la mise à nu d'un peintre. Extraits

 

L'entretien s'est déroulé dans mon atelier à Saint Tropez

(Psy)

 Peux tu tenter de me dire ce que le fait de peindre t'apporte ? comment te sens tu quand tu peints ? que ressens tu ? Peux tu essayer de définir les sentiments/sensations (appelle ça comme tu voudras) que tu éprouves lorsque tu peints (pas au niveau cérébral, mais émotionnel plutôt; au niveau des tripes je veux dire). tu as parlé d'éjaculation cérébrale, mais y'a t-il autre chose, physiquement, moralement, émotionnellement ? quels mots peux tu mettre dessus ?

(Cserg)

J'adore peindre seul, nu, à la cave! Combien de fois en remontant de cet enfer(habillé)

à l'air libre l'on m'a dit "mais qu'a tu fais tu as du sang partout!"

C'est dans l'action que cela se produit ! Je suis bordélique et ne prends pas de soin des choses que j'utilise(mon corps y compris)

Après la séance il m'est arriver d'avoir des bosses ou du sang sur moi, (cutter pour tailler les crayons) ou choc avec l'environnement car je suis très maladroit.

Emotionnellement c'est par le sensualisme avec la matière que je vibre, mais surtout ou plus que tout,le fait d'être dans une dimension comme à l'intérieur d'une tornade ou l'oeil d'un cyclone qui attire une foultitude d'idées objets dans  l'espace environnant mon chevalet, je présume que se sont eux qui par leurs arrivée soudaine en tourbillons blessent parfois ma chair.

Etant gaucher contrarié et par la suite ambidextre, lorsque je peints, lors de brèves "reprise de conscience», je me retrouve en train de dessiner ou de peindre avec 1 crayon ou des pinceaux dans chaque main différentes parties d'un corps ou objet.

 

La toile vierge devant moi se macule de traits,puis une main apparaît ... un visage ...un corps ... et je le ressents tellement ... il devient un autre corps pour mon esprit qui jusque la gravitait autour du chevalet, puis avec la peinture de la chair je suis englouti par ce personnage fabriqué de la poudre résultante de la résolution de corps humain ayant vécu parfois plusieurs millénaires avant nous,que j'ai prélevé auparavant dans la nature pour faire mes couleurs. L'excitation entre les séances est de voir dans des bocaux cette poudre qui n'attend que la catalyse de mes sens pour un projet qui va m'être ravi au moment ou je pense être en position de peindre, par ce que les grecs nommait les muses.

(A part cela je peints aussi et surtout sans honte des banalités pour bouffer)

 

Mais la peinture n'est pas faite de lettres d'alphabet ! Aussi est il impossible à la lecture différer de l'intervention de tenter retrouver les mêmes sensations que nous avions alors qu'elle s'imposait à travers nous,c'est pourquoi je pense que l'on recommence toujours une autre toile,pour retrouver "l'innocence" la disponibilité pour se faire happer par les tapis volant . Lorsque l'on peint,la peinture sort par elle même ,elle nous lit et inscrit notre projet  avec les modifications qu'elle désire, par contre lorsque l'on lit une toile, même la nôtre,  il y a une inversion, on doit remonter le temps qui est le nôtre, donc que l'on l'on connaît. J'assimile ce "à re bourre" à toutes les inversions présentes dans l'esprit humain comme celle qui consiste pour lui à croire qu'il est vivant et se meut autonome, alors que comme un pantin sur terre prisonnier des impératifs de son corps qui produit des limites à son esprit entravé, il s'obstine à croire se diriger par lui même dans les petites actions que lui dicte son cerveau programmé.

"Encore une fois il existe une force qui passe par la matière au pouvoir d'attraction comme l'aimant et qui ne demande pour s'exercer que notre abandon pour une inversion des pôles"

Précisons que si je n'ai pas d'idée de base à exprimer lorsque je veux peindre, rien ne se passe ! Il me semble que au cours de l'exécution je me relâche et des champs s'ouvrent aux carrefours des traits pour me détourner, il s'ensuit une promenade "comme over the rainbow" ou sous terre avec le lapin d'Alice.(version pour adulte).

 

 

(Psy)tu dis que peindre est une tentative pour vaincre l'ennui, mais d'autres activités pourraient tuer l'ennui aussi ... pourquoi la peinture ? ça remplit certainement d'autres fonctions ?

Le peintre :Comme pour les autres questions

c'est encore toi qui oriente la réponse sans vouloir le contexte !

Je dis que pour moi il n'y a rien d'autre pour atteindre se niveau là ! C'est toi qui dit qu'il y a autres choses, moi les autres choses m'ennuient, elles ne transcendent rien.(éjaculer ou faire du cheval c'est bien aussi mais cela ne transcende rien!) Le transcendant c'est l'invisible positif qui nous ravit pour nous placer  hors champs avec l'humanité ( matière épaisse et lourde). Pour peindre il faut que je sois seul, les autres choses demandent l'intervention des autres ou le rapport avec eux, ce qui tire vers le bas ! Il faut avoir déjà une fois dans sa vie participé à une assemblée de plus de trois personnes pour s'apercevoir que tout est faux dans les rapports, un esprit pour tous, une fausse communion d'illusion et cela ne dépasse pas le formatage ou l'anti formatage social,  car l'acte rebelle est encore social, point là dedans de sublimation du peintre ! Uniquement une existence humaine avec pour limite la mort de la mémoire collective. (fin du troupeau constituant l'humanité)

La matière sublimée est éternelle et absolue

Il s'agit en épurant du minéral, de muter avec lui par la persistance de sa "mémoire" magnétique.

Il y a bien longtemps avant que l'humain ait dégénéré, la peinture  était par son reflet microcosmique placée en plein air autour des feux sous les étoiles ou dans des grottes ou hûttes elle protégeait le foyer(famille) à cause de l'effet miroir avec le ciel, ne pas oublier qu'une toile tendue est un tambour émetteur récepteur et que l'image est une vibration, voila résumé la véritable origine et destination de la peinture qui au fil des siècles est devenue une merde que l'on accroche aux murs pour faire "zoli" !

 

(Psy) tu dis que ça peut être la seule activité que tu aurais pu faire, car ça n'intervient quasiment pas sur la nature, mais d'autres activités seraient idem, qu'est ce qui t'attire dans la peinture ?

 

(Cserg) J'aurais du dire n'intervient pas sur la dégradation de la nature, mais uniquement le changement"de ma nature"et aucune autre activitée idem !

La peinture  que je fais (qui j'ai l'impression est faite par moi) me permet de rejoindre un monde non pas en étant son démiurge car il est sans hiérarchie,il n'est fait que de fusion entre différents corps sur la fréquence idéale qui génére l'harmonie universelle en résonance avec le support minéral, chose impossible dans les autres activitées ne mêlant pas la terre à la pensé. Ma peinture ( matière organique et inorganique) est faite avec les mêmes constituants que le corps humain elle agit plus sur moi que je n'agis sur elle en m'épurant afin de pouvoir m'y fondre, bien sûr le public n'a pas les clés pour lire cela, lui il voit des femmes à poil ou des hommes si il est homosexuel car au premier chef ce qui intéresse l'animalité est la sensualité. Il ne s'agit pas uniquement  d'un transfert d'idée sur un support comme pour d' autres, mais disons pour être mieux compris, d'un genre de mantras de glèbe ou abaque non pas comme les tibétains mais comme les égyptiens paléolithiques, avant la civilisation des pyramides qui est une dégénérescence des hiéroglyphes (sacrés) avant l'alphabet (profane). Cette dualitée ambivalente de la trace a toujours révélé l'appartenance des types humains.

Le transfert direct de la forme d'un "songe"par le prolongement du bras comme un sismographe (dessins) est inscrit dans tout l'univers,

alors que le transfert de la forme par l'emploi de concepts qui détournent le fond (écriture) est limité à la bête sur terre (je dis la bête car bientôt les singes sauront lire) ce qui aura pour but de les rendre aussi C... que les hommes.

 

(Psy)

Peux tu me dire comment ça se passait quand tu étais petit avec ta mère.

(Cserg)

Je ne peut pas développer ce qui ne m'apparaît pas : (déduis en un refoulement si tu le sent!)

Exemple : celle qui m'a nourrit je considére que c'est un échange, une symbiose, elle me donne du lait et moi je lui donne le plaisir de jouer à la poupée ! (Cela veut dire que ma relation mère enfant a été puérile car à l'époque je devais manquer d'idées et de vocabulaire)

Quant à la prise de conscience que m'ont donné les femmes c'était à la limitte de ce que peuvent donner des gens "intégrer" vivant sous la coupe de la société, elles m'ont truffé la téte de stéréotypes

et j'ai du faire un nettoyage digne d'hercule pour laver mon cerveau de toutes ces conneries dont on m'a farci la tête quant j'étais enfant !

Les personnes m'intéressent peu, au point que j'ai passé le plus clair de ma vie à me débarrasser de ma personnalité préférant me vêtir de l'emprunt de pantalons de terre et de chemises en voile de ciel, avec un slip en peau de kangourou cela est très sayant ! J'aime les rapports  profonds entre la matière et le point spéculatif que je suis dans l'espace, afin qu'il se développe amoureusement et sans restriction avec toute la création, ce qui ne peut se faire socialement car une société partage l'équivalent de une part de camembert sur tout le fromage que represente le cerveau, le reste étant interdit par des lois ou conventions humaines comme la  raison, ou des leures comme l'intime conviction.

Résumé: je suis intolérant ! Je ne tolére pour moi aucun refoulement, car ils alourdissent les ailes des anges (ou d'Icare) empêchant les grandes envolées.

Les autres, je n'ai pas à m'en soucier car à tous c'est proposer par la nature une montagne à gravir pour respirer l'air pur, sauf les culs de jatte cela va de soi !

J'en profite pour dire qu'il y aura toujours un con pour s'occuper du cul de jatte plutôt que de sa propre infirmité, ce qui fera 2 handicapés au lieu d'un !

Cela dit : je considère que toute activité humaine est un jeu d'enfant et je garde une vie sociale avec d'excellents amis souvent différents de moi car tout n'est qu'une vue de l'esprit et rien n'est davantage ludique que l'exposé de ses propres perceptions dans ce miroir déformant qu'est l'autre.

 


Un peintre de Saint Tropez se livre à une PSY SUITE

 

dimanche, mars 15, 2009 

Questions de psy pour mettre à nu un peintre !

Catégorie : Sports

 

    et juger de son délabrement mental......

J'ai supprimé les questions trop personnelles ne s'appliquant pas

à la généralité des pseudos créateurs commes moi

 

> 2 - avez vous toujours voulu être peintre ? si oui pourquoi ?

En fait je n'ai pas choisi, depuis l'enfance je suis attiré par

 l'utopie, la poésie, la contemplation, en un mot, tout ce qui permet

 d'échapper à la banalité du formatage social.

 

> 3 - Qu'est ce que créer vous apporte ? (très important comme question)

Entre autre le plaisir de contester ce monde d'institution où tout est faux :

Je conteste notamment l'emploi du mot "création", il sous entend rendre volontairement perceptible aux sens une partie cachée, il faut donc inclure les terrassiers,fossoyeurs et même les taupes. Comme tout peintre "digne", je calcule tout me semble-t-il, mais à un certain moment, des données s'inscrivent à mon insu sur la toile, et je les découvre dans une lecture différée, ce qui me fait dire que peintres, musiciens et tout le tintouin des utopistes, sommes des tripoteurs de lignes, de formes ou de sons qui parfois sont transcendants malgré nous. Comme pour les sciences et techniques nous sommes à la rigueur des découvreurs, générés  par  l'erreur.

Supposons un âne qui de son sabot culbute une pierre du chemin et que l'empreinte qu'elle a faite dans la terre devenue soudainement visible soit couverte de lignes qui touchent notre sensibilité, qui est le créateur ? L'âne, la nature,ou le lecteur (de l'empreinte) ? Tout un chacun ne verra que ce qu'il est capable de voir...

A l'extrême rigueur je veux bien consentir à dire que parfois l'art passe par nous, mais ce n'est pas un état permanent ; la majeure partie du temps, l'être humain est sous l'empire de la connerie (la non maîtrise)

 Imaginons un pseudo artiste qui laisse volontairement son empreinte de pied sur le sable de plage d'une île lointaine et sauvage car il trouve cela beau et se cache ensuite comme Apele de Cos,le peintre Grec, pour observer les réactions des passants,(trés jubilatoire pour un peintre).

Effectivement un touriste passe alors et s'extasie devant la marque de ce pas à la limite de la terre et de la mer, primordial comme un lien à l'origine marine, et médite ou rêve devant pendant 2 heures ...

Puis un autre occidental, mais plutôt misanthrope  fait la remarque "pas moyen d'être tranquille" et bougonne la dessus (autre forme de méditation) pendant 3 jours...

 Un autochtone maintenant, à demi nu, sorti de sa forêt avec son arc et ses flèches pense "danger! v'la un intrus" et échafaude mentalement des corps à corps avec le corps imaginé d'après l'empreinte...

 Un écolo, lui, regrette le biotope souillé  par "l'homme", il extrapole et voit non plus un pied mais mille....

 Le frère de l'autochtone encore anthropophage latent passe à son tour et pense "miam miam" puis élabore dans son esprit de délicieuses recettes de pied blanc au vin blanc...(paraît que la cuisine c'est de l'art)

 Etc....

Toutes ses émotions sont dues à la propre lecture de chacun, la trace de pied volontaire ou fortuite n'intervient pas davantage que la peinture de la Joconde intervient seule et par elle même dans une émotion contractée en la regardant.

 C'est donc l'interaction entre une forme évoquée et les conceptions du regardant qui crée ou non des émotions, non identiques, non stables ou fixes.

 Comment attribuer cela à l'artiste cité plus haut, il n'est même pas conscient du développement de son intervention!!!

 Toutes les émotions que l'on peut obtenir en regardant ou lisant, ont pour mère notre cerveau et non pas le support que l'on contemple qui lui est "mort" au niveau de ce que les gens nomme art.

 De plus, le simple stoppe toujours sa lecture au moment où cela coïncide avec la sensation qu'il recherche, ainsi aucune évolution n'est possible. Il est préférable de se diriger vers ce que l'on ne saisit pas, plutôt que de s'entourer de ce que l'on comprend ,si l'on veut s'ébaudir artistiquement.

 C'est pourquoi je vous conseille de mettre à la poubelle les peintures que vous aimez, et de vous entourer de celles que vous n'aimez pas, cela augmentera au minimum votre potentiel amoureux.

L'image (même photographique), lorsque qu'elle paraît subversive, procède  de la confusion mentale du regardant qui établi un lien à travers l'espace avec une réalitée qu'il suppose, jamais la peinture d'une cafetiere ne fera du café ou "ceci n'est pas une pipe" Magritte.

 Je vois la peinture comme un assemblage de données que l'on peut, par jeux, livrer à nos sens en se dépouillant graduellement de nos principes pour voir jusqu'où l'on est capable d'aller. Cela est encore plus fort  quant la représentation est "réaliste" et que la contemplation nous emmène apparemment hors du sujet représenté.

  Toutes informations peuvent être reçues différemment par celui qui regarde en écoute suivant ses possibilitées imaginatives : exposées devant une personne inintéressée, les lignes peuvent à volonté disparaitre, ou devenir "transcendantes". Une autre trés réceptive, peut dépasser par sa lecture les propos du peintre.

 Voila donc un peu de ce que m'apporte comme joie la peinture : jouer avec les méninges, illusionner le primaire en moi, le leurrer ou le faire fondre, me piéger ainsi que les autres,

 Un peintre n'est qu'un farceur, Dali disait à propos de la joie de peindre : "Je crois que je vais mourir de satisfaction"

En conclusion,il n'y a de créé que l'objet, tissu tendu sur un châssis de bois par un menuisier et un tisserand, maculé d'une pâte (ou pas) par un peintre, et si vous décrétez : "ceci est une oeuvre d'art", cela n'engage que vous. Le concept "art-artiste"ne datant que du millieu du 19éme siècle, là encore la démonstration est faite que l'on peut faire avaler à l'espèce humaine n'importe quelle ineptie.

 Tout est propre à être contemplé, et tout est en attente d'un regard, car c'est l'attention que l'on porte qui peut se traduire en émotion artistique.

 Je soutiens que l'on ne peut voir d'une peinture (comme de toute chose) que l'illusion proposée par notre propre cerveau.

 Exemple: Lorsque je peints la mise en abîme de mon propre corps dans un simulacre de cage, en action de peindre une femme, pour la  soumettre, ou pour la protéger, comme l'on se protège du monde des requins, cette cage est-elle une barbarie qui va flatter le regardant sadique, ou vous apparaît-elle comme un sanctuaire pour ses occupants ?

 Pour moi elle évoque le lien, la pénétration du peintre dans le corps de son modèle, ce qui par focalisation annule le monde extérieur, donc qui rend exclus et prisonniers les autres car il ne leur est pas possible d'entrer dans cet univers, tout au plus ils peuvent le contempler, car cette femme que le peintre peint, n'est elle pas le symbole personnifié de la peinture qui réalise l'homme en tant que peintre....

 Ce tableau est donc inversé, c'est lui qui nous lit ! La peinture sous la forme d'une femme engendre le peintre qui engendre à son tour dans une autre dimension le regardant...

 Dans ce tableau la forme non "fini" évoque la transformation, le passage d'un être à un autre le peintre réalise une femme (personnification de la peinture) et la peinture réalise l'homme en peintre !

 Ce qui peut se traduire par "peintre peignant une peinture qui représente la peinture en action de réaliser le peintre"

  Mon thème du sculpteur en action de modeler le corps d'une femme (honnis par les féministe primaires) ne peut-on pas plutôt lire que il s'agit d'un homme qui voudrait se remodeler en femme, libérer sa part féminine, cela inverse totalement le coté lecture  misogyne.

 A chaque lecteur de découvrir d'autres possibilités.

> 4 - comment vous sentez vous quand vous peignez ? et avant et après ?

Pour moi il s'agit d'entrer dans le tableau, cela peut être immédiat ou plus ou moins long et je ne maîtrise pas la chose, je la subis, pour en sortir c'est pareil,

 En revanche, une fois bien vautré dedans, c'est comme....une éjaculation cérébrale

 

> 5 - comment vous vient l'inspiration ? est-ce réfléchi ou spontané ? comment avez vous décidé de peindre ce que vous peignez et d'en faire votre "spécialité" ?

 

Les deux mon général !  Parfois des images me viennent dans des situations incongrues, voir en opposition avec l'occupation du moment -en principe je les laisse décanter, et je les exploite plusieurs jours, voir plusieurs mois, plus tard ! Parfois, à cause d'un problème à résoudre j'ai attendu plus d'un an !

 Ou bien j'ai un flash ! Et je rentre dard "d'art" à l'atelier pour attaquer à chaud.

 Le plaisir le plus intense étant de travailler 3 ou 4 tableaux de sujets différents en même temps.

 Ou à partir d'une commande, transcender le sujet n'est pas mal aussi.

Pratiquement seule m'intéresse la métaphysique, c'est pourquoi je peins uniquement avec du minéral organique,(roches, terres, minerais,) de sa forme la plus grossiere à la plus subtile pour réaliser la chair.

 Progressivement j'ai décidé de lier à la lecture conjointe le support et l'intervention, non pas comme pour l'informel, (matierisme, abstrac) mais la peinture de genre (scène traditionnelle) avec l'abaque, l'arène (systeme Euclidien et Pythagoritien).

 Quant à ma "spécialité", c'est de faire de l'expressionnisme avec les canons de la beauté, sans déformer les silhouettes. Ainsi je présente un visage simplement dessiné, car le dessin est le projet de ce que l'on désire réaliser, pour soi comme pour les autres.

 Toute réalisation est d'abord projetée en dessin par le concepteur (divinant) qui ensuite livre ce plan à différents corps de métier (faber) pour sa réalisation, idem nous mêmes, nous nous dessinons ou projetons à des modifications, nous faisons tout ce qui est conscient "à dessin", cela est mental et convient très bien à l'illustration ou peinture d'une tête puisqu'elle est pleine de projet ou dessin !

 Voir l'expression "faire à dessin"

 Rien ne peut mieux illustrer la pensée, qui dirons-nous est créatrice, car le cerveau dessine, nous y voyons constamment dans chacun des nôtres profusions d'images, et le fait de dessiner à l'extérieur de nous même par le prolongement du bras ne sert qu'à suppléer un manque de vocabulaire concis pour exprimer. Mais perso, je trouve plus de beauté à restituer dans la deuxième dimension graphique la forme plutôt que cette conversion symbolique nommée écriture, qui même calligraphiée, a plus de rapport avec les pattes d'un essaim de mouches, mais cela à été créé pour garder la pensée secrete au temps ou la jalousie entravait le partage de la connaissance !

Ensuite je peins souvent uniquement le buste,là où sont les organes vitaux comme le coeur et les poumons, stoppant brutalement les tombées de chair comme si elles avaient été déchirées, car sur le plan psychologique, qui n'a pas été déchiré, souvent d'ailleurs réellement dans sa chair, par les maladies ou opérations, et ne dit-on pas être déchiré par une chose qui nous blesse (ou par l'alcool héhé...) ?

 

Si l'on fait l'analogie de l'état de notre mental, (fêlures, déchirures, cicatrices de réparations) avec notre chair qui en est le prolongement visible, nous apparaissons tous comme mes personnages. 

 voir la créature de Frankenstein...

La troisième intervention est une rédemption de la chair par quelques gouttelettes comme des larmes en coulant des blessures afin de sauver ou réparer le tissu organique, car le sujet, par son émotion, sécrète son antidote à la mort, la liquéfaction de sa chair répare les déchirures, ne dit-on pas fondre d'émotions pour évoquer un plaisir, voila mêlés les deux aspects normalement antinomique des tribulations humaines : la douleur et le plaisir.

  En résumé je livre à la contemplation des êtres non terminés, achevés, finis,autrement dit des cadavres, mais plutôt des êtres en pleine vie évolutive.

 Je dois ces idées à l'observation métaphysique de la peinture Italienne do quattrocento jusqu'au maniérisme.

 

 

> 6 - comment se passe le processus créatif ? (ce qui se passe pour que l'oeuvre prenne forme, naisse, etc..)

 

      Un bon café....

      Une bonne pipe! (au sens propre ou figuré)

      Pas de bruits, (surtout pas de musique) je me repais du bruit du crayon sur la toile qui, suivant son rythme,

      m'augure de l'amplitude du plaisir à venir comme le ferait un sismographe.

      La pleine possession de mes facultés (enfin je le crois).

       Et parfois des sorties de route par dérapage qui apportent un plus apparemment et transcendent (pour moi) le tout!

     

 

> 7 - pensez vous que créer répare ou comble quelque chose ?

 

     Ne répare rien, car je ne m'estime pas cassé, en revanche ça me comble de barbouiller!

       Une toile nouvelle est un cadeau de ma marraine la fée qui "m'assiste"...tient!pourquois pas hercule plutôt que Maciste!

 

> 8 - comment vous sentez vous quand une de vos toiles part ?

 

      Voulez vous dire vendue ? J'adore! !!

     Moi elle ne m'intéresse plus matériellement, (mais je garde si possible son image) je préfère la suivante qui va naître, alors qu'elle soit chez des personnes qui la ressentent, me procure bien plus de plaisir que si elle stagnait dans mon atelier. 

 

> 9 - comment s'est passé votre petite enfance, et notamment votre relation avec votre maman ? (Sachant que tu as été adopté, peut être peux-tu me parler de la relation avec ta mère adoptive, et avec ta mère nourricière si tu t'en souviens, et ta relation avec les prêtres qui se sont occupés de toi ?)

    

      Bof !!!  Moi je n'ai pas de problèmes avec,du fait que je ne cherche pas à m'intégrer dans la société, et les femmes qui voulaient jouer à la poupée avec un bébé ont été comblées.

      Le bébé aussi, mais ce n'est pas moi, c'est un copié-collé de l'élevage en batterie sociale.

 J'ai pris conscience avec les moines mineurs (pas prêtres), c'est différent, pas de simagrées, rien, toi et la terre, le ciel mêlé       

     d'eau et de feu, et comme je n'avais pas de sentiment obséquieux religieux, ça collait bien. Cela m'a permis de lire les philosophes plutôt que les grammaires et hortos(pédie)plus que (graphe), et de courir dans les bois ou la neige des montagnes d'Italie en sandales, à dormir sous les  sapins et les rochers, voire en cellule (de moine) avec une couverture qui devient à l'occasion le plus beau et vital des doudous. Alors maintenant pour moi, tout est luxe et opulence. Ceci dit je rend grâce aux moines qui m'ont appris la peinture baroque à l'Italienne, sans me barber avec les litanies religieuses, car j'y suis réfractaire, la plus belle des démonstrations du sacré est à mon avis la sérénité que l'on retire de la contemplation, qui elle seule est rédemptrice, et qui est en opposition avec la pratique de toutes religions, puisqu'elles relient les individus entre eux, ce qui ne peut que créer des interférences ou brouillages...allô papa tango charlie... bip bip....

     Tout ce qui est proposé par une société se résume à des jeux d'enfants, surtout à être papa ou maman.

       Du coté papa: boulanger, gendarme, voleurs, pompier, juge, chirurgien, pape, président d'la république escroc, etc....

       Du coté maman:institutrice, psy, voyante, astrologue, etc...et avec l'anti sexisme astronaute et toutes les autres conneries des papas.

       Tous ces gens happés par la folie du type "lemming" ou "mouton" pour l'analogie au suicide collectif générationel comme individuel qui conduit à une mort en aveugle pensent être liés à un processus normal                                                                            

        alors qu'ils sont la lie résultante de la distillation de cette énorme alambic qui n'est autre que la nature .

 

       Seul m'intéresse le rapport amoureux avec la matière car c'est elle notre véritable mère, et on ne peut la quitter, on peut seulement changer de type de composition parmi toutes les configurations qu'elle propose,  on peut par exemple évoluer de la pierre sédimentaire au gemme, ou de l'humain à l'âne(et se n'est pas le pire) si l'on ne fait pas d'effort, alors avec ma pelle je creuse la terre pour ouvrir le ciel....

 

      

 

> 10 - comment définiriez vous votre sensibilité ? et votre authenticité ?

    

       Le moi que je considère profond n'a aucune sensibilité mais emprunte tour à tour ou simultanément différentes parties des personnalités que j'ai reconnu pour "péres",

      ce qui peut faire penser à un manque d'authenticité, mais je préfère passer pour un être lucide

 

> 11 - d'après vous, qu'est ce qui différencie un créateur d'un non créateur ? et un "bon" peintre d'un "mauvais" ?

 

       Vos question me déroute....la société a les peintres qu'elle mérite !!!!

 

> 12 - pourquoi créez vous ?

 

         Pour me détendre, voir question 2/3/4/5/6/8/10/15

 

> 13 - comment savez vous quand une oeuvre est finie ?

        

        Finie est une convention humaine, d'après un dico, (finir : rendre propre à l'usage ou la consommation un objet manufacturé). Rien à voir avec l'art qui par définition n'est qu'une vue de l'esprit!>        Rien n'est    jamais fini ou terminé, voir achevé ou mort, si l'on ne fait pas une restriction de ce à quoi on destine la chose, procédé enfantin de l'emploi de limites (on dirait que t'as pas l'droit).

         Loi érigée par des clowns parlementaires avec obligations d'application par un garde des sceaux comme dans le bac à sable des maternelles

         Je mets quiconque au défi de me démontrer que quoi que ce soit, soit fini dans l'univers! Aussi sûrement que 1+1 ne font 2 ou qu'un triangle isocèle soit isocèle, voir que l'infini soit infini !

         La plupart détermine fini lorsque toute la surface est barbouillée !

         Moi je veux démontrer que le non fini démontre plus que ledit fini !

         Et par galéjade je veux bien faire semblant de reconnaître que la majorité des personnes ont bien l'esprit fini.

        

       

 

> 14 - la reconnaissance est t-elle importante ?

       

       Rien à foutre !!!!

 

> 15 - créez vous pour vous ou pour les autres ?

     

       Effectivement je peins parfois par amour pour un être sans le lui dire, voir une entitée, un concept, le "rien" par exemple, le néant,

       j'aime bien remplir son trou en vue de le rétrécir, et l'emmerder ainsi, porter atteinte à son intégrité en devenant un bouche trou !

       Cela a peut être un rapport avec la fornication !!!!

       Mais la plupart du temps il s'agit d'un duel avec la peinture, je me mets nu devant la toile de lin comme un cadavre devant son linceul,

       et avec un pinceau fait de poil de mon cul je tache (la toile) Non! je tâche d'embrocher cette salope

       qui ne se laisse pas facilement coucher dans le lit de toile....

             

        

 

> 16 - comment définissez vous votre besoin de créer ?

 

      Une tentative pour vaincre l'ennui .Mais surtout pour moi la seule activité possible, car

        n'intervenant quasiment pas sur la création (la nature), compte tenu de ce que par ordre hiérarchique, pour moi,  l'humain n'est pas au début mais à la fin de l'échelle de valeurs...

       Il tient la place d'un parasite,à l'instar du poux sur la rose...

 

> 17 - vous avez besoin de vous sentir comment pour créer ? (heureux ou pas, etc...)

 

          Le processus de démarrage que je préfère est celui de la tête vide,

        il s'ensuit peu à peu une montée en conscience ou perception

          qui doit avoir un rapport avec le vol des oiseaux...

           A l'intérieur de nous

           l'un casse l'autre construit,reste à savoir avec lequel on préfère oeuvrer !